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Une nouvelle approche de la lutte contre la pauvreté

Dans la perspective de l’investissement social, la lutte contre la pauvreté est doublement centrale. Tout d’abord, le taux de pauvreté est un indicateur synthétique de l’efficacité de la protection sociale. La pauvreté est de plus en plus concentrée sur les enfants et les jeunes adultes d’une part, sur les familles monoparentales d’autre part : alors qu’en  2014 le taux de pauvreté de la population est, en France, de 14,1%, ceux des jeunes adultes (18-29 ans) et des enfants (moins de 18 ans) sont respectivement de 21,2% et 20,6%; celui des familles monoparentales est de 35,9%. Ces résultats contrastent avec la part de la richesse consacrée aux dépenses sociales. Le Danemark, qui a un taux de dépenses sociales rapporté à la richesse nationale équivalent à la France, parvient à réduire la pauvreté des deux tiers, contre une division par deux pour la France. Ensuite, en ce qui concerne le contenu des actions, l’investissement social met l’accent sur l’accompagnement. De ce point de vue, il se démarque de la stratégie dite «d’activation » de la protection sociale telle qu’elle est conduite dans de nombreux pays sous des modalités diverses. Ces politiques se sont souvent traduites par une responsabilisation des pauvres et une diminution, parfois drastique, de leurs droits sociaux. L’investissement social propose une correction de ces stratégies : il vise l’amélioration des qualifications pour lutter contre les effets de polarisation liés aux évolutions socioéconomiques et technologiques à l’œuvre et il repose sur le principe de l’articulation de la responsabilité des personnes avec l’accès à une sécurité économique garantie. La lutte contre la pauvreté nécessite de s’inscrire dans une perspective multidimensionnelle et de veiller à la cohérence de l’architecture institutionnelle. Pour compenser les disparités territoriales qui s’accroissent et pérenniser les formes d’accompagnement fragilisées par le financement des prestations légales, il est nécessaire de garantir un financement durable des prestations sociales. La formation doit être rendue accessible aux populations les plus démunies et les moins qualifiées, ce qui implique de mieux articuler les niveaux administratifs, notamment ceux de la région et du département, respectivement en charge de la formation et de l’accompagnement social.

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